Adage n°2.4.

 

 
Les chiens hurlent, la caravane passe
 
 


Boris Verberk

07/12/2019

 

Dans cette phrase, deux propositions sont sobrement juxtaposées. L'asyndète laisse bien des manières de l'entendre.

Les chiens hurlent et la caravane passe. Une petite scène de campagne, ce pourrait être une peinture de paysage comme on en voit souvent dans la peinture flamande. Un ciel bleu à peine tourmenté par quelques nuages, des collines couvertes d'une herbe luisante, entre lesquelles serpente une petite route. Sur l'une d'elle, une petite masure, deux chiens, et un petit nuage de poussière.

Les chiens hurlent quand la caravane passe. Le présent porte tout à coup une vérité très générale, et une loi se dégage. Sans doute ne sait-on plus vraiment pourquoi les chiens hurlent, mais ils le font toujours. La caravane doit passer régulièrement et on s'est habitué à ce que les chiens hurlent. Elle aussi doit s'être habituée, et ne se préoccupe plus du tintamarre.

Les chiens hurlent parce que la caravane passe. Il faut comprendre leur hargne, la caravane n'était pas annoncée. Ce ne sont certainement pas eux qui ont été les premiers à troubler la paix de ce chemin, mais bien cette intruse nomade. Leurs aboiements ne font que répondre à l’arrivée malvenue.

Les chiens hurlent donc la caravane passe. Elle n'est pas empêchée par ce chahut, ce n'est là que du bruit. Mais pourtant, ce mauvais accueil lui interdit de rester. Les dents sont sorties, la bave coule, et que la bête soit menaçante ou ridicule, elle est hostile. La caravane ne peut que passer quand les chiens hurlent.

Il y aurait bien d'autres façons encore d'interpréter le lien entre ces propositions, mais je doute qu'aucune ne me plaise. Qu'importe comment on les coordonne, les caravaniers et les chiens ne partageront jamais rien. C'est d'une tristesse.

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