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«Important »: adj. Qui importe
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Hélène Merlin-Kajman |
Difficile de caractériser sans le trahir Another silence, le nouveau film de Santiago Amigorena, écrivain, scénariste et réalisateur que nous avons reçu en juin au séminaire de Transitions (le compte-rendu sera bientôt en ligne). Par un oxymore, peut-être ? « Le soleil noir... » Mais nulle mélancolie. Intensément contemporain : partant de nos goûts et de nos préoccupations les plus ordinaires, il y accroche un souci ascétique de la vérité du monde. Une femme flic poursuit de sa vengeance un petit tueur au service de narco-trafiquants. Unité d'action, deux lieux et une frontière, un temps très resserré : de Toronto au désert de sel de Bolivie. Quoi de plus simple ? Quoi de plus commun ? On pourrait - on pourra - longuement le commenter, susciter Blanchot (contre), Agamben et Lévinas (pour) : c'est un film pesé. Mais si classique en un sens (même janséniste : Philippe de Champaigne dans le ciel blanc et les montagnes arides des Andes) qu'il nous dérobe sa pensée pour nous laisser libres entièrement de la nôtre : c'est parce que le film s'installe dans la mémoire qu'on commence à philosopher les jours suivants. Car il y a des jours suivants. Sur le moment, rien, qu'une intense émotion, sans nul apparat, sans nulle concession à la jouissance douteuse du regard : extrême pudeur face à la violence, qu'ainsi l'image intériorise. L'événement est là : le film nous suscite comme spectateurs sortant creusés d'une question que chacun approfondira comme il voudra, tous égaux - tous nus, d'abord.
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